
Contrairement aux idées reçues, la Bible n’a pas été créée en une fois par un concile ou une autorité politico-religieuse. Elle est le résultat d’un processus de rédaction, de transmission, de préservation et de reconnaissance de manuscrits qui ont été rédigés progressivement sur une période d’environ 1 500 ans.
La rédaction de la Bible
La Bible comprend 66 livres (dans le canon le plus consensuel), rédigés entre 1400 av. J.-C. environ et 95 apr. J.-C. par environ 40 auteurs appartenant à des milieux très différents :
- des rois (David, Salomon) ;
- des prophètes (Ésaïe, Jérémie…) ;
- un berger (Amos) ;
- un médecin (Luc) ;
- des pêcheurs (Pierre, Jean) ;
- un collecteur d’impôts (Matthieu) ;
- un rabbin (Paul).
Selon la foi chrétienne, ces auteurs ont été inspirés par Dieu (2 Timothée 3.16 ; 2 Pierre 1.20-21), tout en écrivant avec leur style propre et leur personnalité.
Pour en savoir plus sur la structure et le contenu de la Bible, lire l’article : Qu’est-ce que la Bible ?
La transmission des écrits
Le texte original de la Bible a pu être reconstitué avec une grande précision, grâce à un nombre exceptionnel de manuscrits retrouvés.
En effet, la Bible est le livre historique le mieux transmis au monde. Alors qu’il n’existe qu’une dizaine de copies d’œuvres de référence telles que les écrits de Platon, ou La guerre des Gaules de Jules César, on a retrouvé :
- environs 6000 copies et manuscrits de l’Ancien Testament
- 24 000 à 25 000 manuscrits du Nouveau Testament (Plus de 5 000 à 6 000 manuscrits du texte en grec, et près de 19 000 copies dans d’autres langues anciennes : syriaque, latin, copte, éthiopien)
La cohérence entre tous ces manuscrits
Pour en savoir plus, lire l’article : La Bible est-elle fiable ?
La reconnaissance des livres (formation des canons)
Le mot canon renvoie à la liste officielle des livres reconnus comme inspirés. Contrairement à ce qui est souvent affirmé, les conciles et en particulier celui de Nicée n’ont pas « décidé » quels livres feraient partie de la Bible. Ils ont plutôt rendu officiel le fait que ces livres étaient déjà considérés par les juifs et par les premiers chrétiens, comme inspirés de Dieu et faisant autorité.
Par exemple :
- le Cantique des cantiques, Ruth, les Lamentations, l’Ecclésiaste et Esther étaient lus respectivement aux fêtes juives de la Pâque et de la Pentecôte, lors du jeûne du neuvième jour du mois d’Ab, lors de la fête des Tabernacles et lors de celle des Purim ;
- à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament, l’on voit que le livre d’Esaïe était lu et enseigné dans les synagogues, ou cités par Jésus et par les apôtres.
Les critères de reconnaissance des livres étaient les suivants.
Pour l’Ancien Testament :
- L’auteur était reconnu comme prophète ou homme de Dieu.
- Le message était conforme aux révélations déjà reçues.
- Le livre était accepté et utilisé par le peuple d’Israël.
- Son autorité spirituelle était reconnue.
Pour le Nouveau Testament
- L’origine apostolique (le livre devait avoir été écrit par un apôtre ou par un proche collaborateur d’un apôtre).
- La conformité doctrinale (l’enseignement du livre devait être en accord avec celui de Jésus et des autres apôtres).
- L’usage universel (Le livre devait être largement lu et accepté dans les Églises réparties dans l’Empire romain).
- Les preuves d’inspiration (les chrétiens devaient reconnaître dans le livre une autorité spirituelle particulière).
Pour en savoir plus :