
Ces dernières années ont vu l’essor d’initiatives diverses de sensibilisation des Africains par des Africains, d’appels à se réveiller du sommeil dans lequel ils se seraient laissés plonger en abandonnant leur spiritualité ancestrale pour adorer le Dieu « des blancs », un Dieu qui n’est pas le leur. Ce choix serait à l’origine du sous-développement de la plupart des pays Africains (Lire plus sur le sujet dans l’article Foi chrétienne et développement des pays Africains), la Chine étant citée en exemple comme un modèle de développement grâce au maintien de la connexion à sa spiritualité ancestrale (Lire plus sur le sujet dans l’article Le mythe du développement socio-économique par la connexion à la spiritualité de ses ancêtres), et le célèbre discours du roi Léopold II instruisant à des missionnaires d’utiliser des extraits de la Bible pour asservir les Africains (discours dont l’existence a été réfutée par des historiens tels que François Bontinck en 1984) est cité comme preuve du caractère destructeur de la foi chrétienne.
Le christianisme n’est pourtant pas la religion « des blancs ». Il n’est pas né en Occident mais au Proche-Orient, et il est arrivé en Afrique à la même période qu’en Europe, au 1er siècle, longtemps avant la colonisation et l’arrivée des premiers missionnaires occidentaux en Afrique. En obéissance au commandement de Jésus-Christ de prêcher l’Evangile « à Jérusalem, en Judée, en Samarie et jusqu’aux extrémités de la terre » (Actes 1 :8), les premiers chrétiens sont partis de Jérusalem pour proclamer le message du salut en Jésus-Christ vers l’Ouest, en Europe; vers l’Est, en Asie; et vers le Sud, en Afrique.
Quelques traces de la présence du christianisme en Afrique avant les poussées impérialistes européennes:
- Des écrits de chrétiens Africains tels que Saint Augustin (354 – 430), l’un des quatre premiers Pères de l’Église latine à se voir conférer le titre honorifique de docteur de l’Église. Il n’était pas « blanc » mais Africain. Né en Algérie d’une mère berbère pieuse et d’un père romain païen, il était l’évêque d’Hippone en Algérie.
- Des écrits mentionnant des chrétiens Africains, par exemple « Adversus Haereses », 3.12.8, où Irénée de Lyon fait référence en l’an 180 à un éthiopien, Simon Backos, qui prêchait la venue de Dieu en chair dans son pays.
- En l’an 330, le roi Ezana d’Éthiopie déclarait le christianisme religion nationale de l’Ethiopie. Ce fait est cohérent avec des récits bibliques, notamment celui d’Actes des apôtres au chapitre 8, les versets 26 à 40, où Luc raconte la conversion au christianisme d’un eunuque éthiopien suite à la prédication de Philippe, un disciple de Jésus-Christ. Il est à noter que le texte décrit l’eunuque en train de lire la Torah avant même d’avoir rencontré Philippe.
- Etc.
L’on pourrait se demander pourquoi ce sont les missionnaires occidentaux qui ont répandu le christianisme en Afrique, s’il y était déjà présent ? Pourquoi n’ont-ils pas trouvé une Afrique majoritairement chrétienne ? Il est difficile de répondre de manière précise à ces questions. Le constat est simplement que l’expansion du christianisme en Europe a été plus rapide qu’en Afrique, ceux des Africains qui avaient reçu le message de l’Evangile l’ayant gardé pour eux et leur entourage, parfois jusqu’au niveau de la nation comme mentionné plus haut pour le cas de l’Ethiopie.
En résumé, le message du salut en Jésus-Christ est destiné à tous sans distinction de race. Chacun peut se l’approprier, être sauvé et expérimenter une communion réelle avec Dieu.
Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
Jean 3 :16-17
Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé. 10 Car c’est en croyant du coeur qu’on parvient à la justice, et c’est en confessant de la bouche qu’on parvient au salut, selon ce que dit l’Ecriture : Quiconque croit en lui ne sera point confus.
Romains 10:9-11
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